Diégèse  samedi 5 août 2000


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à venir et déjà passé déjà passé et à venir
Quand l'avion a décollé, j'ai pensé à toi, si loin déjà. Je me souviens du temps où tu n'avais jamais encore pris l'avion. C'est avec moi, pour la première fois, que tu as connu un aéroport. Tu me tenais la main, comme si les annonces et les couloirs vitrés n'annonçaient rien d'autre que ta mort. C'était il y a longtemps. Maintenant, tu voyages dans la solitude, sans moi, et je reçois parfois des cartes muettes.
J'ai retrouvé l'appartement très chaud, et j'ai retrouvé vite les habitudes parisiennes. Je suis allé voir l'exposition de J. et de B. C'était amusant de s'y retrouver et de s'y perdre.
Que penses-tu du temps qui s'ouvre ? Sais-tu comment tu vas l'occuper ? J'ai repensé à la saline.
Le ciel était encore plus triste que moi lorsque j'ai quitté l'île, avec un au revoir de chromo, un arc en ciel en plein ciel. Je ne croyais plus possible que le temps joue ainsi avec l'émotion. Je suis rentré à Paris dans un avion bringuebalant. Chez moi, j'ai retrouvé ces traces de toi que tu laisses à l'envi, qui disent que tu es là, qu'il ne faut pas t'oublier. J'ai retrouvé tous les instants que j'avais égarés, dans la poussière de photos et de cartes. Je m'y suis abîmé longtemps avant d'aller à une exposition et de m'y abîmer longtemps.