Diégèse  mardi 8 août 2000


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à venir et déjà passé déjà passé et à venir
Je suis à Audierne. Je savais depuis mon départ que c'est ici que je voulais arriver. Même les enclos paroissiaux que j'ai vus toute la journée ne pouvaient être qu'un prétexte face à la largeur de la baie d'Audierne, la couleur du vent sur la côte sauvage et le pourpre des pierres, comme teintes par l'iode qui redescend du salin. Je suis à Audierne et malgré la chambre, nécessairement inconfortable, je vais m'endormir sans crainte, entouré de saints et de saintes, des douze apôtres et de prières en breton, mille fois voué à l'éternité celte. Je me rappelle bien le contraste de la pierre taillée sur le vert un peu rude de la lande. Je me rappellerai le mystère de ces statues que rien ne justifie vraiment, qui ne croient pas à elles-mêmes, pas encore. Je suis à Audierne, avec l'envie de revoir ces statues maléfiques et bénéfiques. Je ne suis plus certain que ce voyage soit insensé. Je suis comme dans la peinture de J. Je sais maintenant le lieu qui me manquait depuis plusieurs années, les maisons nichées à Tronoen. Elles ont leur toit au ras de la lande, protégées par des résineux penchés par les tempêtes. Il y a toujours du linge qui sèche et qui remue. Je voudrais posséder une maison nichée à Tronoen. J'irais à pied à la chapelle, chaque année un peu moins vite. Je me promènerais dans les dunes, constatant les ravages du temps. J'irai chercher cette maison bientôt.
Je suis à Saint Pierre, la belle affaire, dans une chambre calme au fond d'une impasse, sur la lande. C'est un lieu de passage. J'ai la tête proche de l'Ankou, dont j'ai vu les statues au dessus des bénitiers à l'entrée des églises. J'ai la tête proche des calvaires, dans la douceur tropicale bretonne, et pour finir, le ciel a chanté sur la mer et sur la dune, comme si c'était un retour, et le tenancier du restaurant disait que c'était incroyable.