Diégèse  samedi 12 août 2000


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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je me suis souvenu de la mer toute la journée. Tu m'as téléphoné pour me faire entendre quelques vagues, je n'ai entendu que ta voix, que déjà, je reconnais mieux. J. a déjeuné avec moi et elle comprend toujours toute la Bretagne et la porte avec elle. Nous avons ainsi déjeuné au bord de la mer. 
J'ai attendu patiemment dans mon bureau un événement qui pourrait justifier que je sois là, en attente de tout sauf de toi, qui ne viendras pas. Je regarde les fenêtres en face. Elles brûlent aussi de soleil. On vient me voir, je fais visiter les étages nobles de la bâtisse. Je plaisante, j'arbore le sourire que l'on attend de moi. Je suis au désespoir avec le sentiment de ne pas être là où il faudrait que je sois. Je veux voir la mer.
Je me suis rendu à mon bureau et pour faire bonne mesure j'avais mis mon costume noir et une chemise bleue, que j'ai tachée au restaurant. J'avais mis aussi une cravate décorée. Lorsque j'ai marché dans la rue, près du Palais royal, ou dans le métro pour revenir de la gare de Lyon, avec mes cheveux ras, les passants semblaient hésiter à me considérer comme un garçon de café en rupture de terrasse ou un agent de sécurité débutant, devant cacher son arme sous une veste trop chaude. J'ai savouré la possibilité que je tiens de l'Orient d'être habillé ainsi sans suer et même dans le métro, bondé de touristes, je ne me suis pas évanoui. 
J'ai pensé à la mer, à la dune, comme les personnages de "Huis clos" qui, peu de temps après leur mort, peuvent continuer de suivre le cours de leur ancienne vie. Peu de temps. Je vais oublier encore.