Diégèse  lundi 14 août 2000


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changer de vie


à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je suis allé travailler mais je me suis dispensé de mettre une cravate. Après tout, je ne suis pas obligé. J'avais une visite à la bibliothèque de France, fermée au public, ouverte pour quelques personnes. L'espace des tours vides résonnait des cris des skateboarders et des touristes regardaient les tours et les groupes en sueur qui s'agitaient au son de musiques rap. J'aurais voulu aller voir le Batofar, lieu des nuits de mon hiver, quand tu me donnais encore rendez-vous à des heures impossibles qui creusaient mes cernes et me faisaient les joues pâles. Mais c'est l'été et il n'y a plus de rendez-vous. Le Batofar toujours accroché à son quai semble rouiller de chaleur sur la Seine verte, agitée par les bateaux mouches immenses qui font demi tour juste à cet endroit. Je pense à toi, et mon esprit est vide. J'ai la certitude que tu ne penses pas à moi. Je n'aurais pas cette douleur triste dans le dos et dans la poitrine, si un peu d'amour pouvait me parvenir. Je ne pense pas à toi, je t'appelle régulièrement à la rescousse, avatar tranquille de ma déprime revenue
Je suis allé à la Bibliothèque de France et il n'y avait personne dans les couloirs majestueux, recouverts de moquette rouge et de parquets foncés. Je vivrais bien à la Bibliothèque de France. Tu es un peu comme le jardin central qui ne sert à personne et qui s'enfonce, presque miteux, les arbres maintenus par des haubans assez disgracieux. L'herbe y est folle, et comme sale. Seuls les bouleaux, qui en ont vu d'autres, tiennent le rang d'arbres élégants. Moi, je passe, sans toi, et les couloirs me semblent interminables.