Diégèse  mercredi 16 août 2000


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à venir et déjà passé déjà passé et à venir
Les jours sont revenus avec le travail, les collègues et les pointes d'angoisse qui viennent sonner les heures et me clouer à mon fauteuil.
Je ne sais pas si nous aurons terminé tout ce que nous voulions faire.
Quand reviens-tu ? Je t'imagine déjà sur une des colonnes de Buren du Palais royal, m'attendant pour aller déjeuner, dans l'impatience, un téléphone à l'oreille, un sourire, qui vient et qui va, qui peut lacérer.
Je t'imagine déjà dans la rue de la Roquette, rentrant chez toi, avec nonchalance, avec mépris presque pour tous ceux qui te croisent, avec cet air que je n'aime pas et qui m'éloigne.
Le soir, je suis allé au Batofar, assister à la première soirée de la saison. Il faisait trop chaud et il y avait plus de spectacle et de spectateurs sur le quai que dans le bateau. Je me suis mis à l'endroit où je peux le mieux regarder les rivets.
Je suis rentré du dîner sensible au vent doux de l'été qui dit qu'il va finir bientôt, aux effluves des eaux de toilette des touristes qui ont pris une douche à leur hôtel avant de sortir, sensible aux bruits des touristes qui parlent en marchant, comme s'ils parlaient seuls, qui commentent ou qui racontent. La lune était pleine ou presque, plantée haut dans le ciel, avec cette arrogance des lunes qui savent que l'on ne pourra pas profiter d'elles. Je suis rentré sur ma bicyclette qui se faisait pousser par l'air ni frais ni chaud, ni sec ni humide, parisien jusque dans le gris du soir et éclairé aussi par les parcelles de lumière des monuments presque faux tant les éclairages les détaillent dans une précision figée. Ainsi, Notre-Dame semblait sortie d'un film d'animation pour enfants et l'hôtel de ville s'évertuait à se faire oublier, vaste vaisseau au bord de Seine, déjà transi.