Diégèse  vendredi 18 août 2000


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à venir et déjà passé déjà passé et à venir
Dès le matin, très tôt, j'étais en attente de ce coup de téléphone. Je savais que tu rentrais aujourd'hui et je savais aussi que tu ne m'appellerais pas. Que fais-tu ? Que faisais-tu ? Je sais bien que l'attente ne sera jamais l'amour.
Cela ne fait rien, j'avais beaucoup de travail, de ce travail que je m'invente tous les jours pour t'échapper, pour t'oublier, pour ne plus me regarder t'attendre.
Comment était Beyrouth ? Comment était le Liban que je t'ai fait découvrir. Tu n'oserais pas me raconter les montagnes druzes et les routes bordées de genets qui accompagnaient nos promenades. Tu n'oserais pas me dire que tu pensais à moi dans le gris des montagnes et que tu aurais joué sans peine à tous les espionnages et à toutes les trahisons.
Quand nous nous sommes rencontrés, tu avais cette vieille voiture jaune que tu disais aimer. Tu t'en souviens certainement. À Pâques, nous avions mis 12 heures pour rentrer de Ramatuelle où tes parents nous avaient prêté une maison. Nous étions en vacances pour très peu de temps. Aujourd'hui, j'ai rencontré ta voiture. Il me semble que cela fait plusieurs années que tu l'as vendue, cependant. Elle était dans une rue du quatrième arrondissement, seule. J'ai regardé les sièges, le cendrier est encore plein de mégots de cigarettes blondes. Il y a quelques points de rouille supplémentaires mais le jaune est toujours aussi éclatant. On ne voyait qu'elle.
C'est dans cette voiture aussi que nous avons parlé pour la première fois de nous quitter, de ne plus nous voir, de partir, et que nous avons pleuré.