Diégèse  dimanche 20 août 2000


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changer de vie


à venir et déjà passé déjà passé et à venir
Je me suis réveillé seul dans le bleu comme je m'étais endormi et je suis resté ensommeillé tout le jour.
Je suis allé me promener encore au bois de Vincennes, là même où, cet hiver, je croyais que j'avais subi la même tempête que tous les arbres abattus. Les herbes ont jauni de tant de soleil, elles sont hautes et couchées à certains endroits par leur propre poids.
En revenant, je me suis arrêté dans une boulangerie viennoise, incongrue dans une rue perdue, presque de banlieue, et j'ai acheté de ces petits gâteaux au pavot que tu affectionnais, il y a longtemps. Je te parle comme je me parle, avec ce bout de vieillerie qui fait remuer les lèvres, seul.
Quand le téléphone a sonné, j'ai décidé de ne pas répondre. J'ai aussi continué le conte.
Le soleil entre la pluie est venu avec l'ombre de la fenêtre sur le mur. Je l'ai attrapée. L'ombre avait cette texture que lui donne le grain du mur un peu sale, défraîchi, marqué par le temps. Ensuite, tout est devenu autre chose, s'approcher des choses comme on approche de mondes et de personnes, pour les regarder, les aimer parfois, sans y prendre garde toujours. Laisser la musique du rythme prendre la manche d'une veste à trois boutons, quatre, pendue, en attente comme une valse.
La sieste ensuite dans le dimanche qui s'enfonce dans l'orage, qui tape le toit, qui caracole vers sa fin, sans qu'il soit possible de lui trouver aucune justification. Le temps moite aigrit les sueurs. Les voisins se sont tus, harassés de leurs querelles. Les patineurs se reposent, chassés des rues glissantes. La pluie vole un peu de l'été et abat déjà une mélancolie d'automne sur le zinc gris de Paris.