Diégèse  lundi 21 août 2000


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à venir et déjà passé déjà passé et à venir
Nous sommes partis très tôt le matin. Tu m'avais demandé de te téléphoner pour te dire au revoir mais je n'en ai pas eu le temps.
Bordeaux était embrumée encore. L'aéroport attendait le soleil. On annonçait une canicule, après la pluie.
La route qui mène vers le Médoc est droite et dégagée. Nous sommes arrivés vite, trop sans doute, sans avoir eu le temps de parler.
Je ne suis pas fait pour ce type de voyage. A chaque fois, c'est mon cœur qui se demande ce qu'il fait là, c'est mon corps qui se crispe et veut partir.
Comment penses-tu me sortir de ce piège ? Le soir, au dîner, les vins de Bordeaux ont ramené le calme.
Si tu avais été là, nous nous serions embrassés, sans doute.
Sur le chemin du Médoc, les arbres sont dévastés, sans têtes et les branches sont coupées. Le convoi nous menait comme en prison, sous le ciel bas, la pluie. Le liquide du lave-glace de la voiture entraînait une odeur d'alcool bleu dans l'habitacle qui n'avait aucune chance d'enivrer. Et puis ce fut la boue du sol, la boue de mots échangés sans but, se montrer, dire une existence assise sur le pouvoir et son attente.
Je n'arrive pas à te joindre au téléphone, tu te retranches dans des endroits trop isolés pour moi, tu t'en vas loin, sans revenir parfois, dans la voix de la voix, dans le temps de mon temps, dans le souffle que je peux poser sur toi.
Je vais dormir seul, comme je le souhaite, comme je le voudrais le plus souvent, le plus tendrement, avec le plus d'acharnement.