Diégèse  jeudi 24 août 2000


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changer de vie


à venir et déjà passédéjà passé et à venir
J'ai pris l'avion le matin, trop tard pour que ce soit vraiment amusant de goûter la farniente dans Bordeaux, trop tôt aussi. Tu ne m'attendais pas à l'aéroport, je te l'avais sans doute interdit et tu me le reprocheras ensuite, quand nous ne nous verrons plus. Tu me diras que si ce jour-là, aujourd'hui, j'avais accepté ton attente à l'aéroport, alors la vie aurait été différente. Nous serions partis ensemble habiter une maison à la campagne et nous aurions travaillé à distance comme tout membre privilégié de la classe des connectés.
Je ne boirai plus de vin de Bordeaux dans des caves. Le mal de crâne était là, avec moi, tout le jour. Ta peau m'a manqué. Plus personne ne s'approche de moi et je ne vois plus les moments où l'on s'approche trop près et que la chaleur vient. Je me rappelle les salines rouges.
À l'aéroport, tu ne me regardais pas. Dans la voiture qui nous ramenait vers Paris, tu as mis ta main, un seul instant, sur mon bras. Puis tu as mis des lunettes très noires et le soleil s'est obscurci
Le soir, j'ai reçu un message de toi, que j'ai à peine lu, sachant qu'il n'y aurait pas de surprise, qu'il n'y a jamais de surprise. 
Le soir, nous avons dîné ensemble et la douceur de ta présence, cependant, m'a calmé. Tu parlais avant de t'endormir, doucement, dans la sueur, comme les très jeunes enfants. 
Le ciel bleu avait éteint les éclairages publics, la rue était sombre, l'air très épais poissait les mains, les yeux, le corps entier
Je ne sais pas si je comprends bien ta vie et ton espoir sans bornes, je ne comprends pas cet acharnement