Diégèse  mardi 29 août 2000


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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Comment dis-tu que tu t'appelles maintenant ? Comment penses-tu que je pourrai jamais me rappeler ce nom ? Comment crois-tu que je pourrai te dire, viens, et prononcer ensuite ce nom qui m'écorche, qui m'attriste ? Je n'en sais rien. 
L'automne a fait son avant-première aujourd'hui. Il a voilé le ciel, d'abord, il a installé le calme douceâtre du coton dans le ciel de la ville. Les écoliers ont voulu essayer les vêtements d'hiver neufs et leur mère s'y oppose et des enfants tristes ont envahi les rues de la ville. Alors, on croise des mères qui portent des cahiers et des crayons, des trousses et des classeurs et la ville entière pourrait s'emplir de l'odeur du papier neuf. J'ai changé la place du bureau dans le bureau, de la table. C'est la rentrée avec un peu d'avance, comme toujours.
Je me suis couvert d'angoisse, elle suinte, elle court sur mon corps, comme une bête, comme un parasite, et je la vois passer. Je suis couvert d'elle, et n'ai d'espoir que dans le sommeil qui va venir vite, qui va prendre le temps avec lui, dans ses bras et qui me dira ensuite ce qui s'est passé. 
Toute la journée, je l'ai guettée, l'angoisse immonde qui me prend parfois à l'automne, mais là, elle se manifeste avec une force et d'une manière inconnues jusque là.
Dans le bureau où le téléphone sonne, où les messages affluent, où je traite, marque, parle, décide, je dois en plus me marquer, me décider confiant, me dire que la vie va venir avec ça.
Comment dis-tu qu'il faut faire dans ces cas-là ? Comment penses-tu qu'il faudra que je le dise ?