Diégèse  dimanche 9 avril 2000



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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
J'ai pris tôt ce matin le train pour Alexandrie, m'offrant le luxe du métro du Caire, le luxe de l'impression de quotidien dans le dépaysement.
J'ai reçu un message de toi, je crois, sur le répondeur téléphonique, la voix grésillait. 
À Alexandrie, la nouvelle bibliothèque est posée près de la mer comme un OVNI fabuleux, qui raconte des histoires. J'ai eu l'impression qu'il n'y aurait jamais de livres dans cet engin, qu'il resterait un lieu de pèlerinage, une nouvelle pyramide au savoir mort, qui s'opposera au savoir vivant du réseau. Sur le toit de la mission archéologique, la ferveur des impétrants me dit qu'ils sont le phare d'Alexandrie.
Comme à Paris, j'étais en retard et j'ai manqué, presque, le train pour Alexandrie. J'avais rendez-vous sur le quai avec une jeune fille charmante, stagiaire à l'Ambassade, qui me servait de guide et avec qui j'ai joué au vieux monsieur. Nous avons parlé tout le trajet et j'ai à peine eu le temps de me rappeler les romans lus qui décrivent l'Égypte des années cinquante et du Roi Farouk, cet orient de cristal et de vermeil installé par les colonisateurs et qui nous fait toujours rêver. Et c'est dans l'Orient de maintenant qu'Alexandrie, vers onze heures, qui est pour elle encore le petit matin, est venue, avec ses façades repeintes, fraîches, ses trottoirs à peine bombés et ses rues qui jouent avec le relief et la corniche. Tu m'as manqué.