Diégèse  lundi 10 avril 2000



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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je devais rentrer d'Égypte aujourd'hui mais j'ai décidé de ne pas le faire et de rester car, imprévu, j'ai retrouvé un épisode de la vie de Mathieu que j'ignorais, que François ignorait aussi et que seule V., dans les confidences des nuits, avait pu entendre.
C'est de retour au Caire, dimanche soir, assez tard, quand les néons refroidissaient la ville chaude déjà en ce début de printemps. J'étais invité chez le traducteur de l'Ambassade, un copte hors d'âge que l'on employait encore pour les sucreries qu'il servait sans compter et ses capacités de nuisance. Il m'a montré des photos, sur l'une d'elles, Mathieu, posant avec ce détachement qu'on lui avait connu en Syrie. Que faisait-il en Égypte ce jour là ?
Je n'ai pas pu rentrer d'Égypte aujourd'hui. J'ai déjeuné au centre culturel français, sur la terrasse jardin, dans les odeurs inimitables des sucs de viande grillée, que l'on marie avec le goût des aubergines à l'olive et à l'ail.
Je suis revenu à pied à l'hôtel, dans la poussière orange avant de traverser le Nil.
Je me rappelle les marches dans Bagdad, l'air si chaud qu'il devenait dense, jamais poisseux, d'une sécheresse amicale, pure. Du Nil, je salue le Tigre, du Nil africain, je salue le Tigre asiatique. Le Nil passe dans des nonchalances pourtant rythmées.
J'ai bien regardé les photos que m'a présentées le traducteur copte de l'Ambassade. Il n'est pas certain que ce soit Mathieu. Il ne se rappelle pas le nom du jeune homme brun.