Diégèse  dimanche 16 avril 2000



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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
J'avais promis de t'emmener voir la basilique de Saint Siméon et de te faire entendre la chanson que nous avions entendue un soir de lune rousse mais le temps ne s'y prêtait pas, mal, dans une voiture qui n'en pouvait plus, malmenée par des générations de chaos.
Nous avons donc continué notre jeu de touriste désœuvré, allant ici et là boire des cafés forts et épais et répondant poliment aux embrassades et aux saluts de ceux qui me connaissent et me reconnaissent. À chaque nouvelle rencontre, tu te renfrognes davantage et je me demande pourquoi tu m'as amené ici, si ce n'est pour revivre encore nos discordes profondes. Nous avons dîné chez K. d'un plat aux cerises dont tu as raffolé et qui m'a donné de l'urticaire.
Tu vas grossir, irrémédiablement.
Nous ne sommes jamais arrivés jusqu'à Saint Siméon. La route était barrée, en réfection, dans l'attente des cérémonies œcuméniques de Pâques nous a-t-on dit, mais qui peut vraiment savoir les causes des empêchements ? Je savais que nous n'irions pas. Nous ne pouvions pas trop nous éloigner. J'aurais voulu te montrer aussi d'autres lieux. Celui-là, par exemple, où la magie de l'orage nous avait pris et m'avait fait souhaiter la mort. Mais c'était trop loin. J'ai préféré t'emmener sur la terrasse de la chambre de Mathieu, chez François, traversant sans vraiment regarder une maison que je ne reconnais plus. Je sais que de cette terrasse, sur le petit muret qui entoure le dôme poilu à force d'herbes folles, nous avons pris le thé apporté incrédule par le gardien du khan. Il avait le goût du pèlerinage.