Diégèse  mardi 18 avril 2000



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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je suis rentré au début de l'après-midi. La matinée s'est passée dans l'avion. J'étais trop fatigué pour me rappeler les formalités de l'aéroport et les douaniers syriens qui pensaient que je n'avais pas assez de bagages pour être parfaitement honnête. Je suis parti sans maugréer et promettant de revenir et je reviendrai sans aucun doute, je me rappellerai ton sourire avant mon départ, ce sentiment que tu portais d'avoir gagné contre mes souvenirs. 
Je ne sais pas ce que je retrouve à Paris. Je suis passé au bureau cet après-midi. C'est un grand plateau où des jeunes gens excités jouent à la nouvelle économie qui joue à la nouveauté. Il y a un "baby foot" et je sais déjà que je trouve cela incongru et qu'il y a autour de cet objet affreux quelque chose d'un défi faussement viril et agressif. Bête. Mais je joue à devenir Mathieu. Il faut que j'arrête.
Je suis rentré ce soir après une journée de voyage dont cinq heures dans l'aéroport de Vienne à l'ambiance aussi fade que le café que l'on y sert. J'ai feuilleté un livre sur Venise en allemand et je me suis amusé de l'allure martiale que prend la ville des Doges dans cette langue. Mais ce ne sont que des fantasmes de non lecteur. Tu es comme un miroir flou et partiel, tu ne reflètes que ma volonté d'amour, mais pas tout mon amour et pas bien.
Je suis arrivé tard chez moi et je n'ai pas eu le courage de retourner au bureau. Je l'aurais sans doute trouvé encore plein de jeunes gens groupés autour d'écrans, scrutant le cours de la bourse américaine, comme nous attendions la guerre il y a presque dix ans, avec de l'angoisse et de l'envie, qu'il se passe quelque chose et que dans la presse, nous puissions un peu nous rapprocher.