Diégèse  mercredi 19 avril 2000



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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
À peine arrivé à Paris, il a fallu que je reparte. On m'a envoyé dans le centre de la France et j'ai pris le train gare d'Austerlitz, et cela faisait longtemps que je n'étais pas allé dans cette gare dont on peut penser qu'elle est condamnée. C'est une vraie gare, quand le train était un voyage et non un déplacement.
J'ai entendu de la musique et je ne me suis pas ennuyé, pas tout de suite, pas tout à fait, amusé d'être proche et lointain d'un spectacle de chansons, moi qui ne vais jamais au spectacle.
L'hôtel est un hôtel neuf et sobre, et j'écris ce soir sur une tablette de représentant de commerce. Bourges a tué Madame Bovary et je ne sortirai pas dans les rues ce soir.
Si tu avais voulu, tu m'aurais rejoint, mais tu détestes Bourges et Vierzon.
La gare d'Austerlitz, là où les taxis déposent les voyageurs, était comme dans un film français, les couleurs déjà pâlies. Le train Corail avait l'allure ventrue de trains plus anciens. C'est une gare de séparations. Tu n'étais pas sur le quai et nous ne nous sommes pas embrassés, comme dans une photo posée, on aurait pu recolorier nos yeux, en bleu.
Bourges était endimanchée et ensoleillée et j'ai connu la presse des grands jours, me demandant parfois pourquoi j'avais accepté de participer à une agitation aussi vaine. Dans la salle des jeunes jeunes vibraient d'impatience. J'ai pensé à ce premier concert, il y a plus de vingt ans, je me suis senti loin. "Il y a toujours les sensations de jeunesse, mais à l'évidence, elle est partie." Ce soir, le Premier Ministre, prononçant cette phrase, s'est adressé à moi.