Diégèse  dimanche 23 avril 2000



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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je ne sais pas ce que j'ai fait. Moi qui devais me lever tôt pour écrire, j'ai dormi jusqu'à midi, quand le téléphone a sonné et que j'ai dû partir au musée du Louvre. Je suis allé saluer le petit lion mais je n'ai pu lui donner des nouvelles de son frère, dont je ne sais plus rien depuis longtemps.
J'étais dans la salle des sculptures monumentales et j'ai vu que tu arrivais. Celui qui t'accompagnait ne me connaissait pas. Nous avons ainsi pu jouer à nous croiser sans faux bond. Tu m'as regardé sans ciller, sachant que je pâlirai. Tu joueras longtemps avec moi.
Je suis rentré chez moi, sans savoir que la nuit allait arriver, sans savoir que les jours recommenceraient loin de ta rencontre et de ta peau. C'est de nouveau le corps qui demande. Je ne crierai cependant pas. Ce sont encore les roues que je vois de ma prison.
Tu as trouvé une autre façon de vivre l'absence, la mort à venir. 
J'avais rendez vous avec B. qui venait de Syrie pour se promener dans Paris, pour dire son divorce, pour faire de cette visite de la culture et de l'apprentissage. Nous avons marché jusqu'au Palais royal et les statues qui marchent ne lui ont pas parlé. J'ai vu, en fibres de verre, une femme immense et gracile, dont les hanches plates et anguleuses faisaient avec le buste l'angle que réussissait si bien V. avant sa grossesse.
Puis nous avons marché et chacun de mes pas m'apportait davantage de calme et de sérénité. Devant Saint-Étienne du Mont, où repose Sainte Geneviève, les touristes pascals s'amoncelaient. Nous sommes rentrés dans l'église, seule visite que je me suis autorisé en ce dimanche de Pâques. Je n'ai pas pleuré.