Diégèse  vendredi 28 avril 2000



ce travail est commencé depuis 119 jours et son auteur est en vie depuis 14572 jours (22 x 3643 jours) 2000




hier
 
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Tu n'as pas compris. Je ne note pas ici des impressions, ce qui se construit, c'est un cantique. N'en parlons plus. Tu m'envoies des lettres ou des messages, peu importe, dont les phrases tournicotent, qui se montrent et s'étalent. Elles sont là, je les rectifie, les virilise et les dépose, conformes.
J'ai visité aujourd'hui le salon de la musique. Dans un coin, un compositeur effondré voulait montrer un instrument nouveau qu'il avait conçu en dehors et en dedans de lui. La foule, encore badaude et mondaine, ne s'intéressait pas à son invention naïve.
Tu étais derrière un pilier métallique et quand tu as vu que je t'apercevais, tu as rejoint la sortie, en courant presque.
Il faut toujours que tu te laisses encombrer par la culture.
J'ai visité rapidement le salon de la musique. Une femme douce, J., menait la délégation comme on conduit un ballet, avec grâce et fermeté. Il y avait deux salons, et parfois, entre les mondes de musique, un regard planait. 
Je suis revenu tard dans la voiture, tu téléphonais, la conversation était tendue, je ne savais pas ce qui se passait sauf que tu devrais partir, repartir, aller rédiger un texte, en urgence, sans cesse.
Regarde le bleu de tes yeux, et ta blondeur qui se fane. Je te regardais conduire cette voiture, je me disais que des gants t'iraient bien. Ils cacheraient les tavelures qui viennent et mettraient en valeur la courbe de ton poignet, comme dans ce film, ou dans ce texte, ou ailleurs, dans chaque vie où l'âge passe.