Diégèse  dimanche 30 avril 2000



ce travail est commencé depuis 121 jours et son auteur est en vie depuis 14574 jours (2 x 3 x 7 x 347 jours) 2000




hier
 
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Il est trop tard dans la saison pour partir au ski, alors que j'aurais bien vécu encore la vacuité de monter et de descendre, le lourd appareillage des chaussures et des skis, le forfait que l'on manque perdre, les crèmes et les onguents et la douche le soir qui laisse le visage bouffi de soleil. Je ne serai pas aller au ski en 2000 et cette excursion impromptue si près des montagnes n'aura servi à rien. Car tu devais m'emmener mais tu as dû oublier ou penser que ce n'était plus possible.
Hier soir, ne dormant plus, je suis allé au Roméo 3000, une boîte comme on peut penser en trouver en province. Les filles avaient des sacs à main et les garçons des pantalons de glisse. La salle avait vingt ans et je promenais ma bizarrerie dans les éclairages disco. C'est donc facile d'être ailleurs.
Je suis donc parti en train, avec de la musique arabe dans les oreilles. Je n'avais pas prévu que le train ne serait pas constitué de wagons de grande ligne mais de wagons à étage, comme on a en banlieue. Le voyage jusque dans l'Yonne en a pris un tour plus familial, mais c'était moins un voyage. G. est venu me chercher, avec toute la délicatesse nécessaire pour ne pas me brusquer ou ne pas m'inquiéter.
J'ai pris un livre sur l'histoire des médias mais n'en ai pas lu une ligne. Les fenêtres du train ouvertes sur l'air chauffé de la banlieue, des jardins avec des arbres en fleurs, du pollen qui vole et qui s'accroche aux cheveux, tout cela a ravivé cette allergie saisonnière qui soudain ne me fait plus qu'éternuements. Je ferme mes sens, je me rencogne, juste attentif à la gorge qui gratte, aux poumons qui sifflent un peu et au nez qui coule sans relâche. Je ne dois sortir que l'hiver.