Il a reçu vendredi dernier par courrier électronique des photos d'Alep. Marie lui montre la ville vue de la citadelle, roussie par le soleil arrosée de poussière. Il se demande parfois si Marie reviendra jamais de son voyage en Syrie. Les photos qu'elle lui montrent sont toutes marquées du sortilège oriental, celui qui dénoue le temps, qui l'allonge, qui donne à penser que l'éternité douce peut venir, que le pays va continuer à vous materner, à vous sucrer la vie de mots doux et de friandises. Au téléphone, son enthousiasme, la petite musique de l'étonnement quotidien des rues et des paysages ne se défait pas et quand elle lui répète qu'il lui manque, il entend qu’il ne pourrait pas aller contre la seule odeur du cumin frais dans le souk d'Alep, vers 11 heures, le matin, qui se marie avec les cris et les couleurs, drogue douce.
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