Diégèse  samedi 2 décembre 2000



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2000

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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je me réveille, il fait froid et je n'ai rien fait pour rendre le début de la journée plus chaud ou plus confortable, plus doux, plus douillet, plus tendre aussi car j'aurais tant besoin de tendresse
Je ne sais plus bien ce que ce mot veut dire car tu m'en as si peu donné et je m'en suis tellement protégé, de cette tendresse là, qui s'insinue, qui obsède et qui finit par laisser coi, presque mort sur des quais de gare, en attendant on ne sait plus quel train, plus quelle peur, plus rien.
Ce soir, je vais aller m'enfouir dans des velours pourpres, sur des canapés doux et rêches à la fois, comme ta voix peut-être, douce et rêche à la fois, comme je l'aime.
Tu passeras peut-être avant de prendre le taxi vers l'aéroport. Tu me dis que tu passeras peut-être, et dans ces promesses et ces départs, je retrouve toujours la même attente et le même désespoir triste.
Dans la pluie qui ne danse plus rien, que la rue grise qui vacille de fatigue, quand je rentre le soir. 
Est-ce que tu crois donner la vie de rêve ? Je regarde des images sombres à la télévision muette, sans cris, sans pleurs, sans émotion d'aucune sorte. Tu ne sais plus que je t'attends. Tu m'appelles du Caire. je te dis que c'est la dernière fois que tu fais ce voyage pour moi sans dire que c'est pour moi, que tu fais ce voyage pour toi, et que tu ne me vois pas, juste pour me donner quelques mots, une lettre parfois sans y penser, sans plus.
Tu ne connais pas le son qui revient souvent, toujours, que je retrouve dans des morceaux de musique fort différents les uns des autres, sans que je puisse lui donner un autre nom que l'air du temps
Tu me donnes un peu de cette musique là, sans me donner un autre morceau, sans me donner rien, mais je n'accepte plus rien de toi. Ne crois pas que tu reviendras du Caire pour jouer.