Diégèse  dimanche 3 décembre 2000



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2000

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à venir et déjà passé déjà passé et à venir
Je ne sortirai pas. C'est décidé, je ne retournerai pas courir dans les bois. Je ne prendrai pas la bicyclette pour aller dans les rues, à gauche ou à droite, sans prendre le temps de regarder bien ce qu'il y a à droite et à gauche. Je resterai sans voix, à regarder de drôles d'images qui ne me disent rien que de m'emporter les yeux, à force d'être riches et violentes.
Tu penses que je vais vraiment te parler au téléphone et te dire que la vie est douce et que je vais aller nager. Je ne suis pas ainsi, tu le sais. J'ai d'autres habitudes et d'autres occupations. Je ne réponds jamais aux questions que tu te poses. Je reste seul, et sans toi. Je ne veux plus de toi. Je ne te veux plus.
Comment te dire que je ne veux plus entendre parler d'orient, d'Égypte ou de Syrie, que les pas dans tes pas ne me disent rien de moi. Je ne veux plus.
Je me suis levé tôt, doucement, en prenant tout le temps qu'il fallait pour se lever tôt, pour dégourdir les muscles un par un, ou presque, je ne sais pas bien. je bois un peu d'orange, comme on le fait les matins doux dans les films de télévision. La douche est chaude, elle brûle presque, magique sur la nuque et la détente qu'elle apporte me fait pleurer d'un sanglot brusque, comme toujours. C'est le moment du café alors et je crois même que je pourrais reprendre une cigarette blonde. Le texte va s'arrêter devant moi, et au moment où je le perds presque, je le continue encore, je le pousse un peu avec le pied et il continue à avancer, comme une vieille machine de décembre. 
J'écoute un artiste parler des chagrins d'amour et s'étonner que lui ne soit pas mort. C'est peut être cela, la solution de tous ces mots, je suis déjà mort de notre amour, de mon amour et tu m'enterres chaque jour depuis longtemps.