Diégèse  mardi 5 décembre 2000



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2000




hier  
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passé déjà passé et à venir
C'est encore la fatigue qui marque mes yeux le matin quand je pars et le teint se grisaille avec la pluie et les nuages de novembre qui ont envahi le nouveau mois, débordant furieusement des trente jours de tristesse qu'on leur avait accordés en deuil exceptionnel d'un été froid.
Quand mes joues se marquent, c'est l'impression de carton qui domine lorsque j'arrive à capter une image que je ne reconnais presque plus dans le miroir inventif des vitrines des magasins ou de ces glaces de toilette violemment éclairées de néons qui permettent de distinguer jusqu'à la racine des poils de la barbe, et qui définissent avec une précision cruelle le mot "blafard".
Dans le soir, le teint pâle se distend, il prend la couleur des murs, il se réchauffe au sombre, il se confond.
Je me cache dans les draps comme on pleure dans ses mains, avec désespoir.
La fatigue apporte avec elle les agacements des jours. Elle ne dit rien d'autre que le soleil qui manque, que la volonté d'arrêter le vieillissement du corps avec de l'eau salée, de l'eau de mer, projetée en vagues et jusqu'en gouttelettes sur l'ensemble du corps et qui sèche ensuite en chair de poule avec un soleil à demi complice, seulement. L'agacement du manque de sable en grains fins, donnés, fuyant sous les caresses et restant cependant là, niché sur l'ensemble du corps et partant à regret, dans la chambre, dans le lit, dans les chaussures aussi où il reste longtemps et que l'on retrouve dans l'hiver, sans y croire.
J'attends le soir pour rêver à la meret l'écume des jours appelle l'écume de l'eau, le peu de soleil demande le soleil, l'exige douloureusement.
Il fait trop froid pour penser à toi.