Diégèse  samedi 9 décembre 2000



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2000

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à venir et déjà passé déjà passé et à venir
Je cours dès le matin pour rattraper le temps perdu à t'envoyer des mots doux, des pensées, des idées, un peu de tristesse pour faire joli, pour faire plus vrai dans l'hiver et le vent d'hiver, comme dans une chanson d'enfance. Puis-je encore imaginer l'enfance douceâtre d'autres années où le ciel plombé était plus gris et plus contrasté que ces cieux lavasse que l'on nous donne aujourd'hui.
Quand la cloche a sonné pour indiquer que la pause était venue, je ne savais plus où j'étais, ce que je faisais et pourquoi il fallait encore que je sois à l'école. Je me suis endormi, réveillé avec cette impression d'enfance perdue dans le rêve, cette ambiance insouciante et soucieuse de l'enfance, qui me donne à aimer, qui me donne à penser. J'ai passé la journée dans mon enfance, à remâcher tous ces projets d'avenir qui ne sont pas venus et qui sont meilleurs maintenant.
Je ne savais pas enfant que je t'aimerai.
Du café Beaubourg, la place s'étale en un joyeux brouhaha, comme dans un tableau naïf et coloré qui déteint sur mon humeur et tranche sur les œuvres aiguës, sonores et lumineuses qui mangeaient mes yeux et mes oreilles.
J'ai marché dans le vent, ensuite jusqu'à la Bastille, prenant ma journée en contrepoint, le vent en face jouant encore avec mon écharpe, comme à Alep, comme lorsque je prenais toutes les occasions pour sortir de la ville et que j'allais voir les pierres grises rongées par l'eau.
Tout le vent porte toute la mémoire de toutes les vies et quand sur la mer ou dans le désert, il peut donner toute la force du temps, je pourrais crier avec les âmes mortes de destinées oubliées.
Le vent est ma mémoire, il me porte et m'enveloppe. L'année a commencé avec le vent, se termine avec les tôles du toit qui crient. C'est l'année du vent.