Diégèse  dimanche 10 décembre 2000



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2000

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à venir et déjà passé déjà passé et à venir
J'ai encore passé le dimanche sur le tapis au centre de la pièce, regardant passer les nuages dans la fenêtre du toit au dessus de ma tête, remarquant la lumière qui change, qui passe au bleu très pâle du matin au jaune fin de l'après-midi avant de s'obscurcir par à-coups, comme dans une vieillesse accélérée.
Je regarde les fleurs rouges et bleues du vieux tapis râpé et j'imagine sa vie de Bagdad, sous les pas empressés et sous les coups de batte des femmes avant d'être pris dans la naphtaline. Je me rappelle le tapis dans la poussière de la rue, face à l'échoppe qui jouxte la vieille université de Moustansyria. Je ne te connaissais pas. Je n'étais pas encore hanté par tes visions nocturnes. L'air éprouvant, le vent chaud me préparait à ta rencontre, comme on brûle de l'encens avant de le livrer à la prière.
Je suis allé me promener à Disneyland, sans entrer vraiment, juste pour voir les abords, pour remarquer comment le faux approche le vrai, comment il marque doucement jusqu'aux flaques d'eau et les visages des gens qui ne s'approchent pas les uns des autres. Je cherchais les couleurs, le jaune surtout qui joue ce rôle si particulier de la couleur qui joue, qui chante et qui dit que rien n'est sérieux dans la vie de Disneyland. Je me rappelle que tu aimais les roues de l'Oronte comme on aime la fête, que tu enjambais les ailettes et les éternels godets d'eau renversés pour te laisser entraîner dans l'eau sombre et que j'avais peur que tu ne reviennes pas et que je voulais que tu ne reviennes pas et que tu le savais et que tu jouais avec moi, comme si tu ne le savais pas. Les jeux de bois sont remplacés par du métal fort. Ton souvenir me manque.