Diégèse  lundi 11 décembre 2000



ce travail est commencé depuis 346 jours et son auteur est en vie depuis 14799 jours (3 x 4933 jours)
2000

ce qui représente 2,3380% de la vie de l'auteur

hier  
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passé déjà passé et à venir
Le départ sur l'autoroute du nord, comme on imagine la pluie, comme on imagine le souvenir de la pluie, des enfances passées au fond d'une voiture et le viaduc de Roberval qui passe sur la vallée, et l'on n'y pense presque pas mais le château, rêve de luxe, est toujours niché et on l'aperçoit toujours, un peu mieux sans doute, depuis que les fenêtres des voitures sont plus larges.
Je me souviendrais presque de Compiègne, de pavés sur la place impériale et l'on m'a dit depuis que le théâtre était à peine décoré puisque l'Empereur a quitté la ville trop tôt. Compiègne et Fontainebleau sont deux villes jumelles que je pourrais connaître.
J'arrive sous la pluie battante et je me perds sur le campus qui essaie de parler américain. Plus loin, il y a la rivière, que je ne saluerai pas.
Dans le soir qui me rentre, j'oublie de penser à toi.
Je n'aurais jamais pu penser que le soleil soit si présent pour moi, pour aller sur la route de l'enfance et je croyais trouver l'hiver mais c'est un automne à peine entamé que je trouve et que je salue.
Rien ne ressemble à rien si ce n'est la forêt de Compiègne qui me paraît maintenant encore plus douce et plus vaste que la forêt de Fontainebleau. Il fait beau, il faudrait s'arrêter, donner le temps à la mémoire de revenir, de se rappeler l'exacte sensation de la banquette de skaï rouge de la Ford blanche, qui n'avait pas de portes arrière. On aurait pu mourir facilement.
Je sors de l'autoroute juste là où les plaines betteravières commencent, peut-être juste là où les souvenirs afflueraient, se donneraient enfin des airs de littérature. Que pensais-tu toi, de ces gens, de ces paroles, de ces amis qui ne me reconnaissent plus. Je n'avais pas d'amis.