Diégèse  mardi 12 décembre 2000



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2000

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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je suis pris entièrement par les pouvoirs des corps, au risque d'arrêter le temps et de manquer tous les horaires. Ce sont toujours et encore les mêmes flash qui reviennent, ceux qui dévoilent une nuque tournée, le modelé d'un bras et la douceur qui l'accompagne. Puis ce sont aussi des images plus violentes, qui tuent l'imagination, qui donnent un écran.
Dans la rue je regarde, je scrute et j'observe, je me retourne parfois, je suis à l'affût
Aucune proie ne se laisse prendre, mon désir est trop fort, trop propre à brûler les yeux et la bouche et à entendre le grésillement intense et tendu du sexe qui se veut.
J'ai bien entendu ta voix sur les messageries téléphoniques et j'ai bien compris que tu serais à Paris ces jours-ci. Tu ne peux plus rien.
Je n'ai même pas souhaité t'embrasser.
Je m'attends tranquille à ce que le vent revienne, à marcher avec lui dans les rues de Paris pour regarder ce qui peut flotter encore dans cette ville qui se fige.
Les rues ont marqué tout leur attachement aux promenades nocturnes et à leurs déambulations imprécises.
Je suis sans toi et je suis vide.
Je n'échange aucun regard avec les passants de ce soir de pluie. Je ne regarde pas les gouttes d'eau sur les visages, ni la lumière qui se reflète dans les yeux, sans doute. Je ne te regarde pas, je ne t'oublie pas, je t'exténue en moi.
Dans la rue qui mène chez moi, ce ne sont que des alignements de lumière qui perdent petit à petit leur sens d'immeubles, de vitrines et de lampadaires pour devenir les marchepieds de l'imagination.
Je ne m'attends plus à rien.