Diégèse  mercredi 13 décembre 2000



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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Les soirs se ressemblent. Je dois dîner avec toi ce soir mais j'oublie. C'est d'abord l'idée de dîner avec toi qui m'abandonne. Dans le soir qui danse et qui danse, je me prends à penser que tu ne sais pas ce que tu fais. Dans les soirées maniaques de Paris, quand les soirs chancellent aussi, marquent en quelques pas leur vieillesse revenue, je pars.
Je ne sais pas comment il faudrait faire pour que ton image ne revienne plus au détour des rues de mes promenades et que ces restaurants, ces trottoirs, ces flaques d'eau, même, ne portent plus ta mémoire insensée et criarde.
Je rentre tard, sans aucun détour qui me donne à rêver, sans aucun retour vers l'amitié, une conversation autour d'un verre glacé, qui rafraîchit les mains et qui peut étourdir avant le sommeil.
Il fallait rester tard ce soir, il fallait jouer à l'amitié et boire un peu de champagne, dire quelques mots éperdus avant de caresser une joue puis retourner vers ce tri de papier incessant et moqueur.
J'ai déjeuné avec Js., qui me regarde et qui m'invite, qui me raconte de sa voix rêche inimitable les maux du jour, la vie qui passe et ses espoirs déçus et ses espoirs à venir. Ses joues sont pâles un peu et la tendresse vient.
Dans le soir revenu encore, sans que l'on sache vraiment s'il pleut ou s'il fait froid, alors que l'hiver ne devient plus qu'une idée banale, qui s'adosse à un peu de pluie et à beaucoup de vent, les passants ne regardent plus rien et en oublient Noël.
Que va-t-il se passer dans les cheminées ? Où serait la neige quand on en rirait encore ?