Diégèse  jeudi 14 décembre 2000



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2000

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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je suis à Belfort. Je suis venu en avion. Le décollage m'a plongé dans la stupeur habituelle. Avant le départ, ce matin, J. me fait une annonce, une prédiction de rencontre et de mots, et de caresses sans doute, que je sais déjà démentie. Cela ne marche pas à tous les coups, voulais-je dire ? alors je n'attends pas mais je regarde.
La ville de garnison, corsetée dans ses casernes et ses forteresses aux remparts qui courent dans la vieille ville et qui dorment et qui dansent et qui se disent que jamais, non, il ne leur viendra à l'esprit de proposer des promenades mystérieuses.
Je ne sais pas pourquoi il faudrait encore que j'en revienne aux explications habituelles de la douceur et de la candeur, de l'envie d'amour. Il faudrait que l'on me force, que la vie s'habitue à aimer plus que moi. Je suis sec et sans esprit.
Belfort est sous la pluie. Je ne vois que quelques lumières bleutées et des rues vidées par le froid et l'ennui de ne rien avoir à dire et à faire de quelques lumières rendues folles par tant de sons et tant de musiques. Le parking du grand hôtel vibre cependant.
Dans la soirée, le même son, celui que je connais bien, a pris sa place partout et c'est lui que l'on fête et que l'on donne à rire.
Dans la soirée, je vois quelques arrêtes de visage tendus, trop vite et avec un rhume qui monte et qui chante la surdité. Des yeux un peu interrogateurs se sont posés sur moi pendant le dîner mais j'ai vite détourné le regard. À quoi bon ne pas faire mentir J.
Je connais la stupeur des jours et des nuits d'attente, des coups de téléphone qui viennent et ne viennent plus.
Je te connais aussi, te mirant dans des miroirs qui dansent et qui t'éloignent de moi.