Diégèse  vendredi 15 décembre 2000



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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je me suis levé tard pour rattraper un peu les cernes qui se creusaient trop sur mon visage. Je ne m'attendais pas à ce que tu reviennes avec moi à Belfort. Revenir ne se pouvait pas, nous n'y étions jamais venus. Tu m'as rappelé ce voyage à Besançon qui te donnait cette impression de vacances. Ce n'est pas Besançon, la ville est moins littéraire et osée, moins grande aussi.
J'ai marché un peu dans les rues, me laissant aller secrètement à cette impression de province que j'aime, qui m'étonne encore. Quelques vitrines du centre ville ont échappé aux décorateurs.
Le soir, ce sont encore des lumières et des sons qui me font échapper à ton absence et je m'échappe vraiment. Tu n'as jamais existé et je ne t'attends pas.
Dans la nuit, ce sont encore ces idées de musique qui reviennent. Je peux danser enfin lentement, comme ton exorcisme.
Je me suis promené légèrement dans les rues de Belfort, marquant ma présence dans la ville de ces allées et venues, la sillonnant ensuite en voiture, le long de la rivière "la Savoureuse" et cherchant la saveur dans des rues froides, emplies de vent à jamais.
Toute la journée, j'ai assisté à des spectacles. Les médiations électroniques d'artistes très jeunes, amusés d'avoir autant de possibilités de jouer et de rire. Dans le cours, je remarque une horloge qui désintègre le temps. Il faut toujours que je revienne à cette histoire et les œuvres qui ne racontent pas d'histoires ne me racontent rien et je m'endors doucement au milieu du fracas.
Plus tard, dans la salle des fêtes transformée en débit de danse, je croise des regards sans souci, des personnes sans vacance. Malgré la prédiction de J., à cause d'elle sans doute, tu n'es pas là.
Je m'endors calme puisque tu n'es pas là.