Diégèse  dimanche 17 décembre 2000



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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je me suis levé tôt pour partir à l'aéroport et rejoindre Paris. Dans l'avion, je savais déjà qu'il ne me menait pas auprès de toi. J'en étais plus calme et plus serein. Déjà, la veille, mon corps seul dans le lit appréciait de ne pas avoir d'autres corps à toucher et à apprivoiser et à caresser encore dans une forme de plaisir et de plaisir encore, qui de guerre lasse s'arrête, puis gémit, puis crie un peu avant de s'éteindre.
Il ne faisait pas beau à Paris. La ville était fébrile, matinale et toute à ses emplettes de fin d'année.
J'avais encore dans la tête tous les flonflons électroniques que j'avais entendus pendant toutes ces journées.
Dans le soir qui donnait du soir encore, dans les journées douces qui s'étourdissaient à ta douceur encore, encore et encore marchant, je ne pensais plus pouvoir pleurer autant.
Que sais-tu de moi ?
Il y avait longtemps que je n'avais pas goûté les plaisirs de la conversation dans un avion. Je n'ai pas dormi. La journée ne s'est pas passée. Elle s'est défilée, comme sil y avait trop à faire, comme si c'était trop dur pour elle.
J'ai traversé la ville pour aller chez J. et partir en Syrie, au long cours de longues marches dans les déserts et sous la pluieLe livre parle toujours de cet amour infini de paysages gris, de ces pierres disloquées qui ne se regardent plus, de la lune qui se lève derrière les collines pour éclairer sans espoir le paysage de friches définitives.
Je suis reparti dans l'appartement bien chauffé, qui se donne à l'hiver doux comme on pactise. J'ai regardé quelques images, parlé un peu avec G. et Js., organisant la semaine. J'ai oublié ton regard, sa force et ses vacillements mais parfois, dans les yeux doux, je retrouve ta dureté.