Diégèse  lundi 18 décembre 2000



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2000




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L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
C'est la fin de l'année. On met ensemble, les unes sur les autres, presque, les réunions dont on voulait qu'elles s'organisent avant les fêtes. Quelles fêtes et quels jours ?
J'ai dîné avec Js. et je l'écoute et je regarde ses yeux et je ne sais plus vraiment et ni je ne connais les mots qui peuvent encore nous lier. Dans le soir de la ville, nous menons vaillamment une conversation exténuée qui mêle fausses confidences, travail et considérations générales sur l'amour et l'amitié
Je pense à Belfort, comme si j'avais abandonné ces rues froides et humides, vides le soir, vides dans l'hiver et livrées au sons discordants de musiques électroniques pétaradantes et grésillantes.
Je voudrais avoir les yeux durs des fièvres tsiganes, yeux bridés légèrement et plissés par le voyage. Je voudrais moi aussi être sur ces routes, étourdi et sans mots. Je t'attends.
Nous sommes allés, Js et moi, chez Polidor. Comme la dernière fois, il y avait des Québécois, mais à une autre table et aussi un vieux travesti, très usé, très fatigué, avec la peau comme un parchemin très ancien et des cheveux en perruque qui n'en pouvaient plus. Nous n'avons presque pas parlé.
Le matin, j'avais remarqué dans les rues diverses qui mènent au bureau beaucoup de visages qui me paraissent familiers, comme si  la ville soudain se tissait de vieilles connaissances, un peu oubliées, maladroitement reconnues pour ne pas dire qu'il faut ou qu'il ne faut pas saluer.
Je t'attends et je ne sais plus comment t'attendre, comme une nuit trop longue, lorsque l'on ne sait plus quelle position prendre dans le lit, que l'on tourne et que l'on se retourne et que l'on ne sait plus ce que l'on ne fait pas et que l'on doute soudain que cela finisse.