Diégèse  jeudi 21 décembre 2000



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2000

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L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je dois attendre l'après-midi chez moi des installateurs dont je sais déjà, avant même de les avoir vus, que je regretterai ensuite d'avoir demandé cette installation, que cela ne marchera pas et que si cela marche, cela ne me sera d'aucune utilité.
J'attends sur mon lit, vaguement écœuré d'une mauvaise nourriture prise trop rapidement, ne pensant pas au temps qui passe et pensant trop au temps de toi. Je ferme les yeux et je vois tes yeux. Je caresse ma bouche du bout des doigts et ce sont tes lèvres qui caressent mes lèvres. Dans ton cou, il y a la peau de mon cou, plus douce cependant comme la douceur même. Je m'assoupis doucement avec ton corps juste près de mon corps, te prêtant mes mains et toute ma peau pour me rappeler ta peau.
Ce soir, je ne te retrouverai pas encore et quand je sortirai, ce sera encore la nuit.
Je vais dîner et alors que je file dans le froid sur la bicyclette, Tu m'appelles pour me dire quelques mots, une ou deux phrases qui marquent ma solitude. J'arrive au dîner avec un air de tristesse que tu ne démentirais pas. Je pourrais pleurer aussi
Je rentre avec cette protection que donne le froid, impression fausse qui tire les traits, qui tend, qui marque et qui agite les yeux comme des tics.
Je m'endors avec la peine qui sied au temps qui passe, qui mène vers Noël et les jeux. Il ne fait pas assez froid pour que je parvienne à y croire. Je voudrais de la neige, et j'arrêterais un instant ma course pour regarder la rue blanchie, un peu, avant d'être sale, grise. Les voitures avanceraient prudemment, avec la crainte de glisser. Je sentirais presque l'odeur de la laine mouillée de ton bonnet et de tes gants, qui prendraient soudain mon cou, dans un étranglement très doux.