Diégèse  jeudi 3 février 2000



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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Le rhume est revenu. Je croyais l'hiver fini et il m'a pris à revers. J'ai passé tout le jour à renifler et à pleurer. Alors rien, rien encore de ce jour passé dans ce bureau fermé. Le rhume et le travail me prennent ma vie et ne me laissent même pas dix lignes à écrire, dix pensées, dix désirs.
J'ai vu V. ce matin, qui vogue dans la vie, qui va, qui tangue. 
Lorsque je suis rentré ce soir, dans le presque printemps pollué de Paris, je me suis rappelé les terrasses d'Alep, cette visite à François avant qu'il ne quitte sa maison. J'avais dormi dans un sac de couchage dans la petite bibliothèque. J'étais amer.
Je parle toujours d'Alep et je suis en train d'oublier l'arabe, je ne le comprends presque plus, je crois et je serais bien incapable de le lire. Je me souviens du dialecte lourd d'Alep, des syllabes qui traînent, qui flottent dans le souk avec les odeurs d'épice, de viande et d'ordures.
J'étais arrivé à l'improviste. Je savais que c'était la dernière fois que je pouvais dormir dans la maison de François. Il m'avait accueilli dans la fébrilité de son départ et son visage était marqué. J'étais moi dans l'amour de toi, occupé par ces rencontres nocturnes qui n'en finissaient pas, qui se mouraient jusqu'à l'aube dans le désir.