Diégèse  vendredi 25 février 2000



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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Tu m'as appelé. Tu avais une piste à Grenoble. Il fallait que tu partes. Ce n'était pas prévu. Tu n'avais pas de billet. Je suis allé à la gare voir si tu partais bien, mais tu ne m'as pas vu.
J'ai reçu un autre message de toi. Anodin et léger, si bien que je doute maintenant de son authenticité. 
Vous me fatiguez un peu, tous, avec vos histoires ineptes et vos amours courtoises qui ne me disent rienJe me souviens de jours plus vifs, de regards aiguisés, de nuits où les sexes s'émouvaient de ne jamais se toucher et où la parole ne relayait plus rien.
Vous êtes maintenant assagis, voyageurs et dociles, prompts à croire que vous vivez encore. Ridicules et confortables. 
J'attends que tu reviennes.
La ville était polluée ce soir. Les quais fermés à la circulation dégorgeaient tous les gaz. Mes yeux pleuraient et ma gorge raclait sur le vélo. Je me suis dépêché pour arriver à temps à la gare. Tu étais sur le quai, tu parlais au téléphone, tu n'as pas voulu dire avec qui. Je t'ai donné le sac que je portais. Tu n'as pas vérifié si tout y était, s'il y avait bien cette veste que tu m'as prêtée, un soir. Il faisait froid et nous sortions du Batofar. J'y ai glissé une feuille de papier, quelques mots, un dessin. Tu l'as trouvée tard. Que faisais-tu ? Le message que tu m'as envoyé sur le téléphone m'a réveillé.
J. est à Istambul, mène une enquête que je sais déjà impossible. Mathieu y a passé très peu de temps.
Dans la rue, tout à l'heure, un jeune homme arborait un T-shirt au nom de "Galatasaray", le lycée français. (et aussi le club de football)