Diégèse  samedi 26 février 2000



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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je suis enfin allé courir. J'y ai pensé la semaine entière. J'attendais ce rendez-vous que tu m'as donné au jardin d'acclimatation, près des cages. Ma vie n'est que rendez-vous et appels téléphoniques. Je suis un parasite social communiquant et aimant, inoffensif mais peu productif.
Tu m'attendais dans cet éternel manteau, l'air chafouin et un peu effrayé. Tu as apporté quelques feuillets, des brouillons de lettres que tu avais pensé m'écrire et cela m'a ému. Chaque fois que je pense en avoir fini, tu retrouves le moyen de faire plier toutes les résolutions, toutes les raideurs.
Je suis ensuite allé à Asnières, dans la maison que Mathieu m'avait montrée un soir, du train qui nous ramenait à Paris. J'y ai trop bu, avec délice.
J'ai dormi une partie de l'après-midi. Je me suis réveillé pâle et je voulais te voir. Nulle possibilité.
Je ne sais pas comment la journée s'est passée dans le vide de toi. Je ne sais pas comment ton existence me donne cependant comme une touche de calme et d'élégance. Je te porte sur moi, comme on porte une écharpe luxueuse dans laquelle, face à tous, lorsque les mots s'étiolent, le cou se blottit, que l'on enroule sur le visage à la recherche des bribes de parfums anciens, connu de soi seulement. Ton absence me donne une douleur douce.
Je suis allé au cinéma avec G. voir un film à la narration convenue, aux sentiments faussement mêlés mais le temps du film a imprimé tes mots et ton corps sur l'écran blanc.