Diégèse  mardi 18 janvier 2000



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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
J'ai vu tanguer le buffet installé au centre du musée d'art moderne et j'ai compris que l'architecture cédait soudain sous le poids des agents du ministère réunis pour les vœux de la ministre. Après, ce ne fut que cris et fracas. J'étais près de la porte, je suis sorti rapidement. Je viens de rentrer de l'hôpital. Il est tard, ce mardi, et je ne sais pas ce qu'il est arrivé des personnes avec qui je travaille, je travaillais. 
Si j'étais moins abattu, j'y verrais une allégorie : l'art moderne cédant sous le poids des apparatchiks culturels. Tous ces anciens réseaux qui doivent, ce soir, être démantelés...
Au centre de Paris, le vieux paquebot rénové et titanicisé, s'éventre doucettement après avoir tué ses pères et ses enfants.
J'ai vu tanguer le buffet installé au centre du musée, il y avait trop de monde et la sensation d'étouffement était trop forte. Je suis sorti, sans attendre A. à qui j'avais promis un déjeuner. J'ai marché une heure dans le quartier central, carrefour de paumés et de trafics, cour des miracles ancienne de la ville et je suis rentré, maudissant ces promenades interstitielles qui ne reposent même pas.
Dîner sympathique où le temps a passé vite, très vite, sans que je sache où il allait.
Je ne sais pas pourquoi j'ai l'impression d'aller si bien. Mon corps se tend et devient tonique. Je marche à l'envers et je crois que les mots que je laisse ici, la nuit, emplissent ma nuit et me laissent vivre.
Je marche.