Diégèse  vendredi 21 janvier 2000



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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Ce pouvait être gagnant, c'était une journée perdue. Je suis tombé ce matin en traversant la place de la Bastille. Le conducteur d'une voiture ne m'a pas vu et m'a renversé. Je me rappelle le sentiment d'absurdité et d'injustice qui m'a enserré. J'ai aussi pensé que j'allais devoir racheter une bicyclette et que mes écouteurs pouvaient m'étrangler. J'ai ensuite glissé d'une manière un peu ridicule sur les pavés de la place, me demandant si j'allais rencontrer des pneus, du métal et si j'allais voir mon sang.
La sollicitude des autres me faisait sourire doucement lorsque sans doute très pâle, on m'a relevé et fait asseoir au Flag. J'y retournerai, j'en ai aimé les caresses.
Dès que je suis sorti, j'ai senti que le monde était désorganisé et que je ne devais attendre aucune harmonie. Les conducteurs d'automobiles ne regardaient que le vague de leurs conversations aériennes, les passants, la tête enfoncée dans des capuches aux bords noircis par le frottement de peaux desquamées, occupaient tout le territoire laissé par les voitures. Les motards vrombissaient et asphyxiaient.
J'ai perdu les écouteurs de ma musique et le fil s'est emmêlé dans les rayons de la roue arrière.
Le soir, c'est un dîner dont je ne me rappelle rien. Un dîner ancien, un dîner de rite, chez l'Ami Pierre. 
J'ai cédé ma place à ce jeune homme qui n'avait pas trente ans. Je dois me souvenir. J'ai les roues.