Diégèse  samedi premier juillet 2000



ce travail est commencé depuis 183 jours et son auteur est en vie depuis 14636 jours (22 x 3659 jours) 2000




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L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je vivrai donc comme un ancien consul, près de mon bureau, au pied de la citadelle, dans la rumeur du souk. Et chaque jour je rencontrerai Monsieur le Docteur Adolphe Poche. Patiemment, j'apprendrai les arbres généalogiques, l'histoire de chaque objet, afin de pouvoir accompagner ses nombreux visiteurs. Chaque jour j'apprendrai davantage de cette maison et des familles qui l'ont habitée, de Venise et des Ottomans, des cristaux de Bohème et des Palmyréennes, de Saint-Siméon Stylite et du Bagdad Bahn. Et tu pars à Beyrouth, et tu dis que tu m'aimes, sans jamais le montrer et sans vouloir croire que je ne t'aime pas. Allah Akbar ! L’aube, le premier appel à la prière du premier jour du printemps 1539, et puis deux appels, et puis trois. Une mosquée et puis deux mosquées et puis trois. Le nouveau caravansérail vénitien est entouré par les mosquées d’Alep. Bartolomeo Soranzo est réveillé. Il s’agite, prêt à bondir du lit. Il a trois cent mille choses à faire et chaque minute est précieusement comptée. Cependant, il ne se lève pas, il attend. Bartolomeo Soranzo est aussi superstitieux qu’amateur de règles et de règlements. Il ne se lève qu’à l’appel de la grande mosquée Ommayade, la plus proche. Il attend dans son lit, perplexe. Même pendant l’invasion mongole, trois siècles auparavant, le muezzin n’a jamais interrompu son appel.