Diégèse  dimanche 2 juillet 2000



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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Bartolomeo Soranzo, Consul de la Sérénissime République de Venise sait ajouter aux contrats commerciaux les clauses les plus précises qui prennent en compte les vents, les tempêtes, et l’humeur des pirates et corsaires de toutes eaux, mais pour son lever, rien, aucune procédure particulière en cas de défaillance du muezzin de la grande Mosquée, puisque c’est impossible, complètement impossible. Quel mauvais présage ce serait de devoir déroger, aujourd’hui justement, le jour de son audience au Palais, le jour de l’ouverture du consulat. Que fait ce muezzin ? Aurait-il été gobé par le serpent énorme, aussi gros qu’une chèvre qui garde le minaret ? Personne à Alep ne peut assurer l’avoir vu ! Même le muezzin de la mosquée du Sourd a terminé. C’est pourtant d’habitude le dernier.
Allah Akbar !
C’est la grande Mosquée ! Enfin ! Bartolomeo se précipite. « Plus tard la barbe, plus tard ! Plus tard, Antonio ! » Le Signore Soranzo écarte d’une main son barbier, médecin, arracheur de dents, grand poseur d’emplâtre sur les cors aux pieds, et souffre douleur de la communauté vénitienne d’Alep. Il ne s’appelle d’ailleurs pas Antonio. C’est un surnom que le consul lui a donné en souvenir du Doge Antonio Grimani, mort quelque dix années auparavant, que le consul détestait pour ses alliances mouvantes et parce qu’il avait laissé les Turcs prendre Lépante, Modone, Corone et Navarin.