Diégèse  lundi 3 juillet 2000



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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
C’est une autre manie de Bartolomeo que de donner des surnoms inspirés de l'histoire de Venise... Jusqu'au chien de garde du caravansérail qui s’appelle Zeno, dans un hommage inattendu à Carlo Zeno, glorieux capitaine, mille fois blessé, mille fois vainqueur des Turcs et des Génois, aussi vaillant que le chien Zeno dans ces incessantes batailles contre les rats du souk.
« Le Chapelain ! le révérend Père ! Où est-il, vite, vite. »
Sans attendre, Bartolomeo, bousculant une nouvelle fois le barbier au nom de doge, court vers l’escalier de pierre qui permet d’atteindre les toits en terrasse. Dans un coin plus abrité, il a fait installer un pigeonnier.
Lorsque Bartolomeo Soranzo était arrivé à Alexandrette, on avait attaché sous l’aile d’un pigeon un billet portant l’avis de son arrivée et demandant aux Vénitiens d’Alep de venir à sa rencontre. Le message leur était ainsi parvenu en moins de deux heures. C’était un pigeon de camp, avec le bec fort gros et blanc, venu d’une certaine race de Babylone. Après avoir constaté ce que, jusqu’alors, il ne croyait qu’avec défiance, le nouveau Consul n’avait eu de cesse d’établir sa propre poste aérienne. Depuis un an qu’il était là, les pigeons étaient maintenant nombreux et fort entraînés.
Aujourd’hui, précisément, Bartolomeo attend un message urgent d’Alexandrette : l’annonce de l’arrivée d’un bateau de Venise et d’une précieuse cargaison pour son consulat d’Alep.