Diégèse  mardi 4 juillet 2000



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2000




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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Mais il n’y a pas de pigeon nouveau sur le toit du khan ce matin et le consul, blême, jetterait bien son barbier dans la cour carrée au pavage à peine terminé.
« Rien n’est prêt ! Rien ! Comment orner la chapelle si le bateau n’arrive pas ? »
Bartolomeo descend vers la chapelle, pestant contre les présages, bons ou mauvais, vérifiés ou infirmés.
Le Doge lui-même, Andrea Gritti, lui a fait parvenir un courrier exprès. Il a fait charger en direction du Levant, sur un bateau vénitien, une Piéta, cadeau du Pape Paul III pour le nouveau consulat d’Alep. Bartolomeo n’espère pas un Michel Ange, une fresque, un chef d'oeuvre. Il se moque de la valeur du tableau et même de sa taille, mais lui importe plutôt la dédicace : « offert par sa Sainteté le Pape Paul III ».
Il faut bien arrêter, faire une pause dans le récit vénitien de Syrie. Bartolomeo ne m'a pas accompagné dans l'avion qui me conduit à New York. Tu vois, tu pars à l'Est et je vais vers l'Ouest, dans une fuite de circonstance, sans perspective autre que d'oublier.
La ville miroite, joue. New York dit que c'est elle, qu'elle était là et je ne veux pas me prendre à son jeu. Je la voyais plus haute, plus étouffante. Je ne sais pas bien où je suis comme chaque fois que je subis le décalage des heures. J'en viens à manger de la viande et à boire de la bière à quatre heures du matin avant d'entreprendre une nuit de chaos où les heures se catapultent et se cognentQuand le soleil donne enfin sur la tour de verre de l'hôtel, j'entends très distinctement les joints des différents panneaux qui, comme des oiseaux mécaniques, chantent un à un.