Diégèse  samedi 8 juillet 2000



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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Et puis des vestes de drap et des piastres en quantité. Jusqu'au portier qui recevra quatre piastres. Enfin ! Le chef des portiers seulement ! S'il fallait réjouir jusqu'au dernier portier de la dernière porte... Et pourquoi pas aussi les porteurs d'eau et les prostituées à Mamelouks qui infestent les abords de la citadelle.
Mais Venise ne peut pas en rester là. Ses splendeurs et son faste sont connus de tout l'Orient. Le Sultan lui-même, à Constantinople, devra reconnaître la générosité de Venise pour son dévoué Pacha. D'autant que Constantinople est ployée sous la peste et l'incendie. Tant mieux ! Ne faut-il pas combler de cadeaux les puissants lorsqu'ils sont à terre ? Sans démesure, cependant.
Par son épouse, Bartolomeo est allié aux meilleurs verriers de Murano. La très noble famille Soranzo n'a pas jugé cette alliance déshonorante. Les verriers de Murano sont les princes des artisans et si riches et si puissants que les princes en ont oublié qu'ils étaient artisans. Venise sait ce qui a fait sa fortune et ne s'embarrasse pas de barbaries dynastiques féodales. Sauf si ça l'arrange.
La famille Soranzo est pourtant des plus nobles. N'a-t-elle pas donné un Doge à la sérénissime République ? Et quel Doge ! Giovanni Soranzo, celui qui, le siècle passé, a su renouer des relations amicales avec le Pape, le Roi de Sicile, les Visconti de Milan, avec Bologne, Brescia, Côme et Recanati, avec la France, le Brabant, les Flandres et l'Angleterre, l'Empereur byzantin de Constantinople et le Sultan de Tunis.