Diégèse  dimanche 9 juillet 2000



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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
C'est ce même Doge qui a encouragé l'industrie du verre et des miroirs. Le même Doge enfin qui a reçu en son palais le très célèbre Dante Alighieri, Ambassadeur de Guido Novello de Polenta, Seigneur de Ravenne.

Bartolomeo adore évoquer son ancêtre, même si toute sa fortune vient en fait de sa femme, qui doit s'ennuyer à Venise. Enfin, il l'espère. Les Vénitiennes sont belles, et tous ces canaux sont propices aux rencontres. Le libertinage est la deuxième fortune de la ville. Et sur les écarts d'une fille du plus grand verrier de Murano, le descendant de l'illustre Doge ne pourrait que fermer les yeux

Venise est pragmatique.
Bartolomeo se souvient que son grand-père lui racontait que le successeur de Giovanni Soranzo portait le surnom de « chien » parce qu’il avait dû se traîner à quatre pattes aux pieds du Pape, en Avignon, pour obtenir la révocation de l’excommunication prononcée contre Venise. De cet acte humiliant, qu’il n’avait accepté que pour le bien public, les Vénitiens lui étaient restés reconnaissants. 

C’est peut-être pour cela que Bartolomeo aime les surnoms. Il espère cependant ne pas avoir à se rouler par terre devant le Pacha, même pour la fortune des maîtres verriers de Murano, éternelle.


Le Consul va offrir au Pacha de splendides miroirs aux cadres dorés à l’or fin et ciselés d’infinies facettes. Dans un coffre aux armes du lion vénitien est disposé, calé dans un velours parme, un service complet de verrerie de Venise rehaussé d’or, finesse incomparable, pureté des formes et du matériau.