Diégèse  mardi 11 juillet 2000



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L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Bartolomeo a dû exercer toute son autorité sur le barbier pour qu’enfin, moitié tremblant, moitié grommelant, il consente à prendre place sur une caisse recouverte d’un bât d’âne, la tête coiffée d’un turban mal noué.
« Antonio, Antonio, les pigeons, les pigeons ! Va voir les pigeons ! »
Monsieur le Consul sort de sa méditation. Il est à peine cinq heures et demie. Après l’audience, il y a la messe, puis la réception en l’honneur des ressortissants des nations d’Europe. Et rien n’est prêt ! Et cette Pietà qui n’arrive pas !
Monsieur le Consul quitte son bureau. Que fait-on aux cuisines ? Tout à l'heure, à son lever, quand il a couru vers le toit, il a cru voir une servante assise par terre, à dormir ou à rêvasser.
Personne ne dort dans la cuisine. Marina est là.
Elle a vu le coup d’œil de son consul et elle a entendu les quolibets, les rires, les sifflets des autres servantes. Elle se retourne.
Comment peut-elle l’aimer, disent-elles. Cela ne peut pas être de l’amour. C’est pour se montrer, pour commander, par vice, mais aimer cet homme en habit court, aux chapeaux ridicules, au visage rasé comme celui d’un eunuque du Pacha, affairé, pressé, essoufflé, bruyant, comme ne le sont jamais les hommes importants.
Ce n’est pas la première maison dans laquelle elles travaillent. Elles ont connu des maîtres turcs, des maîtres persans, des Arabes du désert, riches, puissants, durs, et aucun n’était jamais pressé.