Diégèse  jeudi 13 juillet 2000



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L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Marina est belle. Ses vêtements de brocard rehaussés d’un camée vénitien lui donnent le port d’une reine d’Orient. Les autres se moquent et la jalousent mais elles lui obéissent car rien ne peut résister à ses dix-sept ans et surtout pas cette troupe de villageoises de tous les âges, parfois édentées, souvent alourdies, vite abîmées, sans grâce.
Marina est une sorcière, disent les servantes. Elles le chuchotent seulement... C’est une espionne des services du Pacha. Je le sais. Que va-t-elle faire dans la cave, la dernière des dernières caves, après le tas de bois, la petite porte où les enfants, un jour, l’ont vue disparaître et quels étaient ces bruits bizarres que l’on entendait malgré la porte, malgré le tas de bois, comme si l’on ne savait pas que les caves communiquaient avec les souterrains et que les souterrains mènent à la citadelle. Que va-t-elle faire en bas ?
Elle les fait taire, menaçant du torchon le dernier moutard de Fattoume qui se goinfrait des dattes du panier.
Ça suffit ! Au travail !  Rien n'est prêt ! C'est honteux ! Le consul va toutes nous chasser, vous allez retourner tête basse au village, filles bavardes. Honte !
Les femmes baissent la tête, chacune à sa tâche. Même les plus vieilles n'ont pas résisté à Marina. Elle a parlé. Le soleil du printemps éclaire maintenant la cuisine grande ouverte sur la terrasse. On a fait venir deux porteurs d'eau supplémentaires qui déjà ont tiré de grands baquets du puits. Il y a tant à laver, il y a tant à cuire. Deux hommes s'occupent du feu. Le vieil homme chargé d’habitude des braises n’aurait pas suffi. Il faut des brasiers, et les cultiver, et les nourrir...