Diégèse  samedi 15 juillet 2000



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à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Antonio voudrait bien raser Bartolomeo maintenant, pour lui éviter les rougeurs coutumières après le passage répété de la lame.
Soudain tous les pigeons des terrasses s’envolent et tournent une fois autour du khan pour redescendre, puis s'envolent encore, chassés par un important bruit d'équipage, des cris, des ordres... de grands cris, des ordres brefs.
Des coups scandés sont portés sur la double porte aux vantaux cloutés : « Ouvrez, ouvrez, ouvrez au Prince Giustiniani ! »
Le Prince Giustiniani a fait venir son carrosse jusqu’au khan, faisant pousser, dégager, bousculer les marchandises du souk et les marchands. Précédé de Qawas recrutés spécialement à la cour de Constantinople, immenses et féroces comme des Mongols.
Monseigneur le Prince Giustiniani, Potentat de l’île de Chio, de l'illustre famille Giustiniani de Gènes, et cousin d'une branche éloignée de Bartolomeo Soranzo pourrait bien essayer de monter son carrosse jusque en haut du minaret de la grande mosquée et nul ne parierait qu'il n’y parviendrait pas.
Bartolomeo reste pétrifié au milieu de la cour. Il a certes invité son cousin à cette inauguration, persuadé qu'il ne viendrait pas de Chio pour l'ouverture d'un consulat vénitien à Alep, et le voilà, déjà tourbillonnant dans la cour, embrassant les bâtiments et leur propriétaire d’un même regard circulaire et rapide.
Les Vénitiens, consuls, marchands, capitaines de vaisseaux ont coutume de dire qu’avant de faire une bonne affaire, avant de régler, de payer, d'acheter ou de vendre, mieux vaut regarder s'il n'y a pas un Giustiniani derrière soi.