Diégèse  samedi 3 juin 2000



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2000




hier
 
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
J'avais rendez-vous avec toi à dix heures à Gambetta. Tu m'avais donné ton numéro de téléphone, un mobile, pour que nous puissions prendre des rendez-vous que nous ne tiendrions pas. Je n'y suis donc pas allé et je ne saurai jamais si tu étais là.
À côté du café où nous avions rendez-vous, il y a un grand plan de métro que j'ai longtemps fait mine d'observer quand, il y a quelques années, je venais t'observer toi en catimini, alors que tu prenais des chocolats chauds avec V.
Tu as toujours nié cette période de notre vie et tu n'en veux rien savoir, même encore maintenant, alors que les enjeux sont avec moi, qu'ils te délaissent.
Tu étais sans doute là, c'est maintenant ton genre.
Je suis allé te voir comme nous en étions convenus. J'étais content à l'idée de cette rencontre, juste après le déménagement, juste après cette séparation que tous tes amis espéraient depuis longtemps.
Tu avais les mains rougies d'avoir fait des cartons et porté des caisses, des boîtes, des souvenirs. Tes yeux ne disaient rien qui vaille.
Le soir, j'ai dîné près de la Tour Eiffel. Quand elle scintille, la vie des passants et des touristes s'arrête un peu et leur bouche reste bée. Nous avons marché parmi ces personnages arrêtés. Nous les avons regardés dans la lumière à peine plus forte que celle de la nuit. 
Quand le scintillement s'arrête, juste après, quelques diodes s'excitent encore un peu, comme dans un orgasme, comme dans celui qui nous attendait.