Diégèse  dimanche 11 juin 2000



ce travail est commencé depuis 163 jours et son auteur est en vie depuis 14616 jours (23 x 32 x 7 x 29 jours) 2000




hier
 
L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
C'était une journée de campagne, quand le jour de congé déstructure les gestes puis les pensées, puis les mots et que ce que l'on avait prévu de faire s'évanouit dans l'idée d'un ciel avec des nuages, dans le soleil qui porte la promenade, sans les champs qui défilent des souvenirs de littérature. L'herbe se couche au vent
C'était de ces jours où dans une maison vaste chacun se repère, seul dans ce qu'il fait, aux bruissements que provoquent les autres, un fredonnement, des verres que l'on bouscule dans un évier, un journal froissé à la brise et que l'on a du mal à lire.
La Bourgogne se cache proche et loin. Dans l'enceinte de la cour, quelques abeilles cherchent. La vie est étale aujourd'hui.
Je ne pense plus à toi et ton existence même est soudain inattendue.
J'ai travaillé sans beaucoup de cesse, ne me laissant pas désarçonner par le match de tennis qui se disputait dans la pièce à côté. Je donnais des notes à mes étudiants, perplexe devant l'usage d'un pouvoir qui faisait semblant d'être régulé et dont je savais qu'il me manquait, pour la plus grande part, les règles de l'exercice.
Quand j'ai regardé le ciel, il y avait plusieurs couches de nuages entrecroisées. Je crois que je me rappelle bien la première fois où j'ai regardé le ciel. C'était dans le Cantal, je devais avoir deux ans et demi. C'était sur un plateau et je ne sais pas pourquoi c'est le ciel qui, à cet instant là, s'est imposé. Il y a eu aussi cet après-midi où, descendant de chez A.M., elle m'a dit que l'on ne lui parlait jamais des nuages. Mais il y a aussi le petit Prince.