Diégèse  lundi 12 juin 2000



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L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Je suis rentré seul de Bourgogne en voiture. Je crois que cela faisait presque un an que cela ne m'était pas arrivé. J'ai goûté la douceur de la route vide, laissant derrière moi les familles prendre leur déjeuner, les enfants jouer et faire de la bicyclette.
Je suis arrivé à Paris et tu n'étais pas là. Tu avais choisi de partir juste ce jour-là pour l'Italie. A peu de temps près, nous nous serions croisés, mais tu pensais me donner rendez-vous, expliqueras-tu, à la gare de Lyon et tu ne pouvais pas prévoir que je n'y serais pas. Que fais-tu en Italie avec N.? Je croyais que tu ne le voyais plus. 
Le ciel de Paris ce soir est seul.
Je suis rentré en voiture et avant même d'être arrivé, les signes de la fatigue immense m'ont pris, l'impression que je ne pourrai plus me concentrer sur la route, sur la conduite, sur toutes ces choses en même temps. Je suis arrivé cependant, et après la douche et le café, qui me donnent encore un peu d'énergie, c'est soudain presque l'évanouissement et je m'endors vite, plongé dans des tunnels glissants. Je ne peux m'empêcher de croire que ce sont des séquelles syriennes de cette maladie qui m'a pris alors, me laissant pantelant, épuisé, reprenant seul des forces sur la côte près de Tartouse et marchant dans le bleu de l'eau, étonné d'avoir encore un corps. Il ne manque que la peur.