Diégèse  mardi 13 juin 2000



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L'atelier du texte demain





à venir et déjà passédéjà passé et à venir
Dès le matin, la fatigue revient. Le sable dans les yeux m'empêche presque de les ouvrir. Je marche hagard me demandant où je vais et ce que je vais bien pouvoir dire et faire dans un bureau où l'on demande avant tout de la clarté. Ou alors c'est le corps qui a décidé de changer, de marquer que lui sait la décennie accomplie, que je ne peux lui mentir plus souvent, qu'il faut accepter qu'il devienne mou, que les plis du ventre s'accentuent, que la graisse s'accumule là même où il y a de la maigreur, que la peau du visage s'épaississe, qu'elle devienne terne et presque sale à force de gris
Je ne peux pas rester fatigué ainsi encore quarante ans, il faudra en finir.
J'ai cru que je ne te verrais plus. J'ai cru que je ne pourrais pas ouvrir les yeux et penser ensuite, aller penser, donner de la pensée, dire ce qu'il en est des choses. Tu m'envoies des phrases glanées, faussement sans doute, et qui égrènent des dates, des âges ou des semblants d'anniversaire. Je ne sais que te dire toi qui ne me reconnaîtrais pas si tu me rencontrais dans la rue. Comment vis-tu les jours ? Tu ne me parles jamais de toi. Tu n'esquisses jamais de confidence, vraie ou fausse et ton corps n'emplit jamais le vide de l'espace de la danse. J'ai reçu aujourd'hui une invitation à une fête et je me demande si tu iras encore. J'hésite quant à moi. Que faire de ce corps qui accuse déjà la danse des années ?